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| Maroc 2010 |
Maroc 2010, une sélection de photos
16 novembre 2010Après le pierrier Garmin, le « moulard »
16 novembre 2010A chaque année, sa galère ! En 2008, c’était le retour par un oued (une trace d’oued !) encaissé après notre recherche infructueuse d’une passe à travers le Jbel Bani pour rejoindre l’erg Chegaga. En 2009, c’était… la fameuse passe, enfin trouvée, vers l’erg. Mais par un « chemin » muletier peu adapté à la moto. Encore moins à ma nouvelle 690 factory. Une bonne journée d’effort, bienvenue en préparation du Dakar 2010 !
Cette année, se fut la remontée vers Marrakech, terme de notre voyage… Après notre petit déjeuner local (galette de pain… à la graisse de mouton !), l’adieu à notre famille d’accueil et la descente du Bou Gafer, nous arrivons à Boulmane Dadès pour attaquer la traversée du haut Atlas. Pistes à flanc de montagne – où l’on croise parfois, un peu surpris, une camionnette de transport de passagers – vue plongeante sur les villages typiques de l’Atlas (ceux des couvertures des guides touristiques) peu fréquentés par les touristes, bosquets de végétation, etc. La piste, souvent à flanc de montagne, est globalement en bon état, assez fréquentée (quasi exclusivement par des mulets)… Arrivés à Amezri, village littéralement coupé en deux par une coulée de schiste, nous rejoignons l’oued Tessaout, que nous sommes sensés suivre jusqu’au lac des Aït-Aadel pour retrouver le goudron puis Marrakech. Nous le suivrons jusqu’au prochain village, où la piste disparaît… dans l’oued. Nous sommes un peu au nord de la latitude de Telouèt, encore assez loin de notre objectif…
Guidés par les enfants, nous ne nous dégonflons pas, projetant de faire le point après 1/2 heure. Après quelques traversées de l’oued, Gautier passe une zone assez boueuse. Ne voulant pas prendre sa trace, je me décale légèrement… et plante la moto dans ce qui se révélera un véritable moulard, digne du Limousin ! Sans l’aide d’un couple d’autochtones, nous y serions encore… Ce n’est pas la première fois que je constate la force physique des femmes berbères : très impressionnant…
Nous prenons alors la décision de rebrousser chemin, de rejoindre le goudron à une trentaine de kilomètres de là, puis Skoura, Ouarzazate et la route du Tizi-n-Tichka (2.260 m) vers Marrakech. Une belle boucle que nous ferons de nuit (pour le Tichka, c’est une habitude !), avec perte de mon sélecteur (et arrêt pour bricolage de fortune à Ouarzazate) et bib AR fondu (juste après l’adaptation du nouveau sélecteur) ! C’est ma journée (comme annoncé par le chat noir rencontré au réveil sous ma moto) ! Le premier pompiste rencontré me trouvera une chambre à air, un de ses client un garagiste à sortir de chez lui, et une grosse demi-heure plus tard, nous attaquons la route ! A mi-parcours, nous n’en oublions tout de même pas notre habituel pause « dîner » – notre dernier tajine – dans la montagne (Taddert ?).
Au final, pour notre dernier jour, près de 600 km de moto, dont une belle chevauchée nocturne dans la montagne (où heureusement les nombreux camions sont plus faciles à doubler en moto, notamment grâce à une bonne utilisation de mon phare à décharge). Et pourtant, la piste de l’oued Tessaout existe…

Le fameux Bou Gafer ou la limite de méthode Garmin !
8 novembre 2010Le Bou Gafer est connu comme le dernier bastion de la résistance locale lors de la « pacification ». Nous nous en souviendrons comme de la pire piste jamais empruntée ! Mais c’est un peu de ma faute. Après une piste à flanc de vallon entrant dans la montagne et un début d’ascension un peu chaud tout de même, à cause d’un oued sortit de son lit, nous sommes arrivés à une bifurcation où était clairement indiqué la direction pour Iknioufh, le village de l’autre coté du col. Mais Gautier ouvrait, juste avec le Garmin… et la « mauvaise » trace ! S’en est suivi près de 30 km d’ascension dans un lit de riviere. Jamais fait ça, même en Ardèche ! Et certainement pas avec une 690 factory, avec les pleins d’essence (32 l)… Hors de question de s’arreter, et encore moins de tomber. Arrivés au col de Ouli-Ousir avec la nuit, nous nous sommes arrêtés chez l’habitant pour diner et dormir…

rapide retour à la civilisation
7 novembre 201015 h 30, Alnif. Après ce qui devrait être les 200 derniers kilomètres de désert du séjour, nous attendons nos frites (Alnif est connu pour sa pomme de terre !) avant d’attaquer le célèbre Bou Gafer vers Boulmane Dades. Nous avons bien profité du dernier petit erg d’Ouzima avant de faire le tour d’un petit massif pour remonter, par des zones lunaires, jusqu’à Alnif. La fin de journée devrait nous réserver de beaux points de vue, et beaucoup de virages. Sans garde-fou…

Le grand luxe !
4 novembre 2010Hier soir, c’était grand luxe. La énième chute du sac de « porte bagages » de Gautier, la distance encore à parcourir pour atteindre la fin de l’étape prévue… et le riad nomad (!) qui nous tendait les bras en début de Passe (Foum) Mharech nous ont decidé. Apres les nuits à la belle étoile, la bergerie de l’Atlas, la maison d’hote du premier soir, l’hotel sans saveur ni odeur (?) de Zagora (et ma pause chez le cousin de Mohamed à Rabat !), nous avons chacun notre chambre de… 50m2, avec l’ensemble du personnel (exclusivement masculin, les femmes berberes restant à la maison) à notre service et une vue imprenable sur l’oued el ma’der et le J. El Mziouida (qui nous cache l’Algerie). Grandiose… comme tout ce voyage !
Nous avons quitté Zagora il y a maintenant trois jours après une omelette à la terrasse de la laiterie (!) de la rue centrale. Route de l’aéroport (quels avions se posent à Zagora ?) puis première piste très belle, rapide, sans vraie ligne droite ni gros virage et dont les pièges sont bien signalés par la végétation. Bonne mise en jambe avant de rejoindre notre Passe du J. Bani, découverte il y a deux ans. Toujours aussi belle. Le plateau au milieu du Djebel m’a semblé « le tas de cailloux » en trop. Mais Gautier a adoré !
Nous avons ensuite validé la Passe qui nous amène directement vers l’erg. Ou plutôt les ergs. L’objectif de la journée étant d’atteindre le sommet de la plus haute dune, bien évidemment une des plus loin (au sud de Zaouïa sidi Abd en Nebi), pour y poser notre campement. Ce sera chose faite un peu avant le coucher du soleil, après 235 kilomètres. Nous avons « diner » et « dormis » au « sommet » de l’erg, à 500 m.
Hier, plutôt que de naviguer à l’estime, en fonction de la plus belle dune qui s’offre à nos roues (quand ce n’est pas à la poursuite d’un fennec !), nous avons essayé de repérer méthodiquement le tas de sable. Et les pistes qui le traverse. Que du sérieux… ou presque. La 690 nécessite décidément une période de prise en main dans les plus grosses dunes ! Arrivé à Mhamid beaucoup plus tard que prévu, nous n’avons fait qu’un rapide stop alimentaire (cacahuètes pour moi et Yop pour Gautier !) avant de rejoindre Tagounite pour les pleins (essence, eau, pain, barres chocolat et c’est tout). Direction l’auberge de Hi-Ouzina, juste un peu avant Taouz. Il n’eéait pas question de trop trainer en route ! Après un début moyen, cette piste, à cette heure (avancée), avec le soleil dans le dos, est un pur régal ! Plutôt roulante, voire très roulante, elle reste sans danger. Ce qui permet d’admirer un paysage beaucoup plus varié que prévu (de lointain souvenir de rallye). Et le lac Lmaidr, à l’entrée de Taffraoute, quelle couleur ! Après 308 km, dont une centaine dans les ergs, nous nous sommes donc offert un repos du guerrier bien mérité. Si vous avez la chance de passer par là…

Arrêt impromptu à Zagora
2 novembre 2010Un arrêt impromptu à Zagora pour un petit problème mécanique (la Honda XR de Gautier !), nous laisse le temps pour faire un premier bilan (et une douche) de ce voyage au départ de Marrakech. Depuis chez Housseine (Ijoukak, www.tigmmi-ntmazirte.com), nous n’avons fait quasiment que de la montagne, sur plus de 700 km.
D’abord, ce que l’on peut qualifier de « haute » montagne, entre le J.Toubak (4167m) et le J.Siroua avec 6754 m de dénivelé cumulé ! Soit 9 h de moto pour 166 km ! Des paysages superbes… mais beaucoup de virages qui nécessitent une certaine concentration (surtout avec une 690 rallye).
Cette année, la bonne résolution est de s’arrêter une heure avant le coucher du soleil. Nous en avons donc profité, le premier soir, à près de 2500 m, sur un petit aplomb dominant une vallée vert émeraude, en face d’une bergerie. Avé Maria en prime. Finalement, le berger viendra nous proposer gite et couvert, après avoir rentré les bêtes ensemble.
Le lendemain, nous sortons de la montagne, rejoignons Ouarzazate pour faire les pleins d’essence, d’eau et de nourriture (frugale), pour repartir, sous rafales de vent, et escorte royale (le roi faisait- il un Golf ?) dans le Jbel Sarhro. Un peu après la mine de Bou Skour, nous installons notre bivouac en haut d’une colline dominant toute la région : Ouarzazate et le Toubkal à l’ouest, le haut Atlas au nord et le J Sarhro à l’est. Sans matelas ni les couvertures du berger, la nuit sera courte… mais l’aube splendide. La piste oubliée par les habitants de Bou Skour se révélera une des plus belles. Autant que les suivantes, en bordure du J. Sarhro, très verte, avec beaucoup de traces d’eau. Et même une compagnie de perdreaux ! La journée se terminera par les prémices du désert, entre sable et cailloux, plus rapide… et dangereux ! Demain, la traversée de notre fameux Jbel Bani pour rejoindre le bac à sable…

Le Maroc se mérite…
1 novembre 2010Ijoulak, le 29/10/2010.
Nous sommes à Ijoukak, sur la route de Taroudant, au départ de la piste qui va nous faire traverser la montagne vers Ouarzazate. Un jour suffira-t-il ?
En tous les cas, je suis content d’être là, la journée ayant été longue avec 300 km de nationale pour rejoindre Gautier à Marrakech. Le Maroc de mérite…

Entrée au Maroc
1 novembre 2010Rabat, le 29/10/2010.
L’entrée au Maroc est décidément compliquée ! Après la grève de nos chers aiguilleurs du ciel, la négociation avec les douanes (nous ne sommes jamais dans les règles, mais ça passe toujours), le camion est tombé en panne dans la banlieue de Rabat. Puis, la dépanneuse qui tirait le camion est, elle aussi, tombée en panne ! Finalement, Mohand et son acolyte ont trouvé un autre camion plus petit, notamment pour livrer la moto de Gautier à Marrakech. Je suis chez un cousin de Mohand dans la banlieue de Rabat et j’attends que la maisonnée de réveil pour prendre la route : 300 km pour rejoindre Gautier à Marrakech.
Voyager, surtout au ras du sol comme je le fais depuis Tanger, c’est peut-être avant tout une école du temps…

17 litres… et pas un de plus !
1 novembre 2010Roissy, le 29/10/2010.
En plus de remplacer les instruments de sécurité rallye-raid par des réserves d’eau, les reconnaissances impliquent d’être le plus autonome possible… sans être chargé comme une mule ! Personnellement, j’opte pour le plus petit sac de rando, soit un 17 litres. Une fois glissé la trousse de toilette (surtout les médicaments d’usage courant), les affaires chaudes (Damart, polaire et… bonnet), et une veste de pluie (nous allons souvent être à plus de 2000 m au début notamment… il ne reste plus beaucoup de place ! C’est rustique !
La lettre du mois du dernier Moto Verte
26 octobre 2010
Merci à MV et à Claude de La Chapelle pour le très bon dossier sur le Dakar. Je me permettrais néanmoins deux remarques :
- 2ème moto du Challenge « Elf Malles Motos » pour ma première participation au Dakar, j’aurais aimé que vous parliez – juste un peu – de cette catégorie à part, celle des pilotes sans aucune assistance, plus proche – en tous les cas pour moi – du mythe original. Peut-être notamment pour dire que c’est parfaitement possible de partir – et d’arrivée – avec un budget plus « raisonnable ».
- Si l’arrivée des 450 relance la course en tête, on peut se poser la question pour les purs amateurs sans assistance ! Cette année, dans le Challenge « Malles Motos », ça a été l’hécatombe pour les 450… Ma « réussite » doit sans aucun doute beaucoup à ma 690 Factory, une moto pensée pour le Dakar. Dans les « pilotes » de mon niveau, j’ai vu pas mal de 450 en panne ou… à terre ! La 690 est une moto très fiable et très sécurisante… à condition de pas rouler au dessus de ses pompes !
Lors d’une émission de radio avec David Castera, à Buenos Aires, il semblait vouloir redonner un peu le lustre à cette catégorie. Je n’ai malheureusement pas vu grand chose de nouveau en 2011. Je vais continuer à militer, avec trois idées simples : créer une association de tous les « malles motos » pour que les anciens accompagnent les nouveaux candidats au départ, comme Yannick Guyomarc’h, le fameux pompier de Paris, l’a fait pour moi (seul, la première fois, tu flippes de le faire sans assistance… et tout le monde te dit que c’est impossible !) ; créer une catégorie open pour les malles motos pour que l’on puisse continuer à rouler avec les grosses… à condition d’être sans assistance (au-delà de la fiabilité, il y a l’impact budgétaire de racheter et d’entretenir une nouvelle moto !) ; bénéficier d’un prix spécial : pour les « malles motos », l’engagement va représenter plus de 50 % du budget total. Pour un concurrent lambda avec assistance, il ne représente plus que 25 % du budget total.
Pour moi, cette année, pas de Dakar. Mais une aventure du coin du bois, simple, pour ne pas dire modeste : traverser la France, de Dunkerque à Perpignan, en suivant au plus près le méridien de Paris (2°20′14 »), celui dont la mesure, en pleine Révolution française, a permis de déterminer « pour tous les temps, pour tous les hommes » la longueur du… mètre étalon ! Une balade de 1.200 km, à travers 337 communes, 20 départements, 8 régions… Avec tous les soirs, comme pour mon Dakar, une histoire racontée sur motonomade.com
